Les spécialités alsaciennes les plus connues, tout le monde les a déjà en tête : la choucroute, la flammekueche, le baeckeoffe, le munster, le bretzel et le kougelhopf. Mais la gastronomie alsacienne ne s’arrête pas à ces six classiques, loin de là. Fleischschnacka, tarte à l’oignon, presskopf, streusel, berawecka… il y a tout un pan de la cuisine d’Alsace qu’on ne croise jamais en dehors de la région.
Nous sommes allés des dizaines de fois en Alsace… Enfin, nous sommes surtout allées un nombre incalculable de fois à Strasbourg, ainsi qu’aux marchés de Noël de Colmar, Riquewihr, Ribeauvillé et Kaysersberg. Autant dire qu’on a eu le temps de goûter. Voici les 22 spécialités alsaciennes à connaître, des plats salés aux douceurs de Noël, sans oublier les vins et les bières. Régalez-vous !




✤✤✤
Si vous ne deviez en goûter que six : la choucroute, la flammekueche, le baeckeoffe, le munster, le bretzel et le kougelhopf.
Les plats alsaciens salés
L’Alsace, c’est une cuisine de partage, généreuse, marquée par l’influence allemande et par les longs hivers. Voici les plats salés à goûter au moins une fois.
La choucroute alsacienne
Faut-il vraiment présenter la choucroute ? Cette spécialité culinaire alsacienne à base de chou blanc fermenté est connue de tous. Le chou est cuisiné avec du Riesling, du genièvre et du laurier, puis servi en « choucroute garnie » avec de la charcuterie : saucisses de Strasbourg, saucisses fumées, knacks, rôti de porc, lard fumé, et bien sûr des pommes de terre.
Petite précision qui a son importance : le mot « choucroute » désigne d’abord le chou fermenté seul. Ce que vous commandez au restaurant, c’est la choucroute garnie. Et il existe aussi une choucroute de la mer, au poisson fumé et beurre blanc, beaucoup plus légère — une belle surprise si vous n’êtes pas fan de charcuterie.

La flammekueche (ou tarte flambée)
La tarte flambée, c’est une pâte extrêmement fine, garnie de fromage blanc (ou crème), d’oignons émincés et de lardons, cuite très rapidement dans un four à bois. Son nom vient du fait qu’à l’origine, on l’enfournait pour tester la chaleur du four à pain : les flammes venaient lécher la pâte.
La version classique reste la meilleure, mais on en trouve aujourd’hui aux champignons, aux épinards, façon « raclette », ou même en version sucrée flambée au kirsch pour le dessert. En Alsace, ça se commande à volonté, on partage, et on continue jusqu’à ce que quelqu’un abandonne. Vous êtes prévenus !
Le baeckeoffe
Un plat de fête déguisé en plat du quotidien. Le baeckeoffe (littéralement « four du boulanger ») est une potée de trois viandes — porc, bœuf et agneau — marinées toute une nuit dans du vin blanc d’Alsace avec des oignons, du thym et du laurier. Le tout est ensuite disposé en couches avec des pommes de terre et des carottes dans une terrine en terre cuite, scellée avec un boudin de pâte, puis cuite lentement pendant plusieurs heures.
Le nom vient de la tradition : les femmes déposaient leur terrine chez le boulanger le lundi, jour de lessive, et la récupéraient cuite à la sortie du travail. Copieux, savoureux, parfait en hiver.
Les Spätzle
Les Spätzle sont de petites pâtes fraîches à base de farine, d’œufs et d’eau, qu’on pousse à travers une passoire directement dans l’eau bouillante. On les trouve aussi beaucoup en Allemagne et dans le Bade-Wurtemberg voisin.
Ils accompagnent très bien les plats en sauce — coq au Riesling, baeckeoffe, civet — mais peuvent aussi devenir un plat complet, poêlés au beurre avec des lardons, des oignons frits et du fromage râpé (les fameux Käsespätzle).

Le fleischschnacka
Voilà la spécialité que personne ne connaît en dehors de l’Alsace, et c’est bien dommage. Les fleischschnacka (« escargots de viande » en alsacien) sont faits d’une pâte à nouilles étalée, garnie de restes de viande de pot-au-feu hachée avec des oignons et du persil, roulée en boudin puis coupée en tranches épaisses — d’où la forme d’escargot.
Les tranches sont ensuite poêlées ou pochées dans du bouillon, et servies avec une salade verte bien vinaigrée. C’est une spécialité du Sundgau et de la région de Mulhouse, typique de la cuisine anti-gaspi d’autrefois.
La tarte à l’oignon (zewelwaï)
Une pâte brisée, une garniture d’oignons fondus longuement, de la crème, des œufs, parfois des lardons. Simple, réconfortant, et servi partout en entrée dans les winstubs. On la retrouve traditionnellement à l’automne, au moment des vendanges, accompagnée d’un verre de vin nouveau.
Le coq au Riesling
La version alsacienne du coq au vin, mais au vin blanc. Le coq (ou le poulet) mijote dans du Riesling avec des champignons de Paris, des échalotes et de la crème. Servi avec des Spätzle ou des nouilles alsaciennes fraîches, c’est probablement le plat le plus « facile d’accès » de la liste pour qui n’aime ni le chou ni la charcuterie.
Le presskopf
Le presskopf, ou fromage de tête, est une terrine de tête de porc en gelée, servie en tranches avec une vinaigrette à l’échalote et du persil. Ça ne fait pas rêver sur le papier, on est d’accord. Mais c’est un incontournable des cartes de winstub, et bien préparé, c’est excellent. À tenter si vous êtes curieux.
Les lewerknepfle (quenelles de foie)
Des quenelles de foie de porc ou de veau, pochées dans un bouillon, souvent servies avec des oignons frits, du chou ou de la salade. Un plat rustique du quotidien, qu’on ne trouve plus beaucoup au restaurant mais qui reste très présent dans les cuisines alsaciennes.
La salade de cervelas
L’entrée alsacienne par excellence, et peut-être notre préférée pour les repas d’été : du cervelas coupé en lanières, du gruyère, des oignons rouges, du persil, le tout dans une vinaigrette bien moutardée. Simple, mais redoutable.
Le Bibeleskaes
Du fromage blanc battu, relevé d’ail, d’échalotes et de fines herbes (surtout de la ciboulette), servi avec des pommes de terre en robe des champs et parfois du lard grillé. Le nom signifie littéralement « fromage des poussins ». C’est le repas du soir typique en Alsace, léger et très bon.
Le waedele et la palette à la diable
Deux plats de brasserie qu’on retrouve sur toutes les cartes : le waedele est un jarret de porc braisé, souvent servi sur un lit de choucroute, et la palette à la diable une épaule de porc fumée, badigeonnée de moutarde et de miel, puis rôtie. Généreux, très généreux.
La matelote du Ried
Une spécialité qu’on oublie souvent : un mélange de poissons de rivière (brochet, sandre, anguille, truite) mijotés dans une sauce au Riesling et à la crème. On la trouve surtout dans le Ried, la zone humide le long du Rhin, et dans les villages de pêcheurs comme Rhinau ou Gerstheim.
Le munster
Le munster est un fromage à pâte molle et croûte lavée, au lait cru de vache, produit dans la vallée de Munster et dans les Vosges. Son odeur est puissante — impossible de le rater dans un frigo — mais son goût est en réalité bien plus doux que ce que le nez laisse craindre.
Il se déguste sur du pain, parfois saupoudré de cumin, mais aussi fondu sur des pommes de terre, en tarte flambée « munster », ou dans une choucroute. C’est un fromage AOP (appellation d’origine protégée), sous le nom « Munster » ou « Munster-Géromé ».
Le bretzel
Vous avez forcément déjà vu ce petit pain en forme de nœud. L’Alsace et l’Allemagne se disputent sa paternité. Il est fait de farine, d’eau, de sel et de levure, plongé avant cuisson dans un bain alcalin qui lui donne sa croûte brune brillante et son goût si particulier, puis parsemé de gros sel.
On le mange en encas, à l’apéro avec une bière, et on en trouve aujourd’hui mille variantes : au fromage, aux lardons, au chocolat, ou en version « bretzel sandwich ».


Les spécialités Alsaciennes sucrées
J’ai l’impression que toutes les gourmandises sucrées d’Alsace ont un lien avec Noël… Vous me direz ce que vous en pensez !
Le kougelhopf
Le kougelhopf est une brioche à base de farine, d’œufs, de sucre, de beurre, de raisins secs macérés dans le kirsch et d’amandes entières. Sa particularité, c’est son moule en terre vernissée en forme de couronne cannelée, qui donne au gâteau sa forme reconnaissable entre mille.
Il se sert au petit-déjeuner, au goûter ou avec un café, et il existe aussi en version salée, aux lardons et aux noix, servie à l’apéritif avec un verre de vin blanc. Si vous ne devez en tester qu’un, testez les deux, eh eh !

Le pain d’épice
Le pain d’épice tel qu’on le connaît aujourd’hui s’est développé en Alsace, même si des pains sucrés au miel très semblables existaient déjà en Chine il y a plus de mille ans. Il est confectionné avec de la farine, du miel et des épices : cannelle, muscade, gingembre, anis, girofle.
On le trouve nature, glacé au sucre, garni de fruits confits ou d’amandes. Il se déguste toute l’année, mais avouons-le, c’est surtout sur les tables de fin d’année qu’on le voit apparaître. Gertwiller, près de Barr, est considérée comme la capitale du pain d’épice alsacien.
Les mannele (ou männele)
Ces petites brioches dodues en forme de bonhomme, aux pépites de chocolat ou aux raisins secs, se dégustent traditionnellement le jour de la Saint-Nicolas, le 6 décembre. On en trouve dans toutes les boulangeries de l’est de la France ainsi qu’en Allemagne à cette période. Les enfants adorent, les adultes aussi.
Les bredele : les petits gâteaux de Noël
Les bredele sont les biscuits de Noël alsaciens, et il en existe des dizaines de variétés : butterbredele au beurre, schwowebredele aux amandes et à la cannelle, spritzbredele à la douille, anisbredele à l’anis, leckerli au miel… Chaque famille a ses recettes, transmises de génération en génération, et on commence à les préparer dès la fin novembre pour les stocker dans des boîtes en fer.
C’est LE souvenir gourmand à ramener des marchés de Noël de Strasbourg.

La tarte aux quetsches
La quetsche, cette petite prune violette allongée, est l’un des fruits emblématiques de l’Alsace. En tarte, sur une pâte brisée ou levée, saupoudrée de cannelle et parfois liée d’un appareil à la crème, elle est incontournable de fin août à octobre. La version aux mirabelles ou aux myrtilles vaut aussi le détour.
Le streusel
Le streusel n’est pas vraiment un gâteau à part entière, c’est un crumble alsacien : une brioche recouverte d’une épaisse couche de miettes de beurre, farine, sucre et cannelle. On le trouve nature ou garni de fruits (pommes, quetsches, myrtilles). Servi en carrés dans toutes les boulangeries, c’est le goûter parfait.
Le berawecka
Le berawecka (« pain aux poires ») est un pain dense de fin d’année, bourré de poires séchées, de figues, de dattes, de fruits confits, de noix et d’amandes, le tout parfumé au kirsch et à peine lié par un peu de pâte. Il se coupe en fines tranches et se conserve plusieurs semaines. C’est un peu le cousin alsacien du pudding de Noël, et il accompagne à merveille un verre de vin de glace ou un thé.
Les boissons Alsaciennes
Les vins d’Alsace
L’Alsace est une grande région viticole, avec une particularité : ici, les vins sont vendus sous le nom du cépage et non du domaine ou du terroir. Les sept cépages sont le Riesling, le Gewurztraminer, le Pinot Gris, le Muscat, le Sylvaner, le Pinot Blanc et le Pinot Noir (seul cépage rouge de la région).
- Riesling : sec, minéral, tendu. Le compagnon de la choucroute et des poissons.
- Gewurztraminer : très aromatique, notes de litchi et de rose, souvent moelleux. Parfait avec le munster ou un foie gras.
- Pinot Gris : rond et puissant, idéal sur les viandes blanches.
- Muscat : sec et fruité, l’apéritif par excellence.
Les meilleures parcelles sont classées en Alsace Grand Cru (51 lieux-dits). Et pour visiter, la Route des Vins d’Alsace traverse 170 km de villages fleuris entre Marlenheim et Thann.
Le crémant d’Alsace
Il mérite sa propre section : le crémant d’Alsace est le crémant le plus vendu de France, élaboré selon la méthode traditionnelle, principalement à base de Pinot Blanc, d’Auxerrois ou de Chardonnay. Il existe aussi en rosé (100 % Pinot Noir). Excellent rapport qualité-prix, à ramener sans hésiter.
Les bières alsaciennes
L’Alsace est la première région brassicole de France, et de très loin : elle produit environ 60 % de la bière française. Les grands noms sont installés autour de Strasbourg — Kronenbourg à Obernai, Fischer et Meteor à Hochfelden, cette dernière étant l’une des plus anciennes brasseries indépendantes de France.
À côté de ces géants, une quarantaine de brasseries artisanales ont émergé ces dernières années (Perle, Uberach, Saint-Pierre, Bendorf…). Deux rendez-vous à guetter : la bière de Mars, brassée en fin d’hiver, et la bière de Noël, plus ambrée et épicée, qu’on trouve sur tous les marchés de fin d’année.
Les eaux-de-vie et le schnaps
Kirsch (cerise), mirabelle, quetsche, framboise, poire Williams : l’Alsace est le royaume des eaux-de-vie de fruits, distillées dans de petites distilleries familiales, notamment dans la vallée de Villé. On les sert glacées en digestif, et on les retrouve dans énormément de recettes locales — kougelhopf, berawecka, bredele.
Le vin chaud
Difficile de parler des boissons alsaciennes sans mentionner le vin chaud des marchés de Noël. Vin rouge (ou blanc, la version alsacienne au Pinot Blanc est délicieuse), cannelle, badiane, agrumes et sucre. Il y a aussi la version sans alcool au jus de pomme chaud, très répandue. C’est le fil rouge de notre dimanche gourmand aux marchés de Noël de Strasbourg !
Où manger les spécialités alsaciennes ?
Le mot à retenir, c’est winstub (littéralement « salon à vin »). C’est le bistrot traditionnel alsacien : boiseries, nappes à carreaux rouges et blancs, ambiance conviviale, et une carte courte de plats du terroir. C’est là qu’on mange le mieux, et généralement pour beaucoup moins cher que dans les restaurants de la Petite France à Strasbourg, très touristiques.
Nos conseils pratiques :
- Évitez les terrasses de la Petite France et de la place de la Cathédrale : c’est joli, mais la qualité s’en ressent et les prix grimpent vite.
- Réservez le vendredi et le samedi soir, surtout en période de marchés de Noël, où les bonnes tables affichent complet des semaines à l’avance.
- La flammekueche se commande à volonté dans la plupart des winstubs, c’est le meilleur rapport qualité-prix pour un dîner à plusieurs.
- Le midi en semaine, le plat du jour tourne souvent autour de 12–15 €, contre le double le soir à la carte.
Que ramener d’Alsace ?
Si vous repartez avec une valise à remplir, voici ce qui voyage le mieux :
- Les bredele, en boîte métal : ils se conservent plusieurs semaines et c’est le cadeau parfait.
- Le pain d’épice de Gertwiller, nature ou glacé, qui se garde très longtemps.
- Une bouteille de crémant ou de Gewurztraminer, achetée directement chez un vigneron sur la Route des Vins.
- Une eau-de-vie de mirabelle ou de kirsch, dans son petit flacon.
- Un berawecka, à sortir sur la table des fêtes.
- Un moule à kougelhopf en terre vernissée, pour refaire la recette chez vous. Si vous n’en trouvez pas sur place, ce modèle fait très bien le travail.
Pour le munster, prévoyez une boîte hermétique… et prévenez vos compagnons de voyage. 😄
✤✤✤
J’espère que vous vous êtes régalé avec toutes ces spécialités Alsaciennes ! Alors laquelle préférez-vous ?
| A lire également : Marchés de Noël en Alsace Marchés de Noël de Strasbourg Dimanche gourmand aux marchés de Noël de Strasbourg |
FAQ — Les spécialités alsaciennes
Questions fréquentes sur les spécialités alsaciennes
Quel est le plat traditionnel alsacien par excellence ?
La choucroute garnie reste le plat emblématique de l’Alsace : du chou fermenté cuisiné au Riesling, servi avec de la charcuterie et des pommes de terre. Le baeckeoffe, potée de trois viandes marinées cuite en terrine, est tout aussi représentatif.
Quelle est la spécialité de Strasbourg ?
Strasbourg est connue pour ses knacks, les saucisses de Strasbourg, pour la choucroute et pour ses winstubs. C’est aussi la capitale des marchés de Noël, donc la ville où déguster bredele, mannele et vin chaud.
Quelle est la différence entre une flammekueche et une pizza ?
La pâte de la flammekueche est beaucoup plus fine et sans levure, et la garniture n’a rien à voir : pas de tomate ni de mozzarella, mais du fromage blanc ou de la crème, des oignons et des lardons. La cuisson est aussi bien plus rapide, dans un four à bois.
Quels sont les gâteaux typiques d’Alsace ?
Le kougelhopf, le pain d’épice, le streusel, la tarte aux quetsches, les mannele du 6 décembre, les bredele de Noël et le berawecka. La pâtisserie alsacienne est très marquée par les fêtes de fin d’année.
Que boire avec une choucroute ?
Un Riesling sec, dont la minéralité coupe le gras de la charcuterie, ou une bière blonde alsacienne. Les deux fonctionnent, c’est une question de préférence et de région, puisqu’en Basse-Alsace la bière l’emporte souvent.
Quand aller en Alsace pour la gastronomie ?
De fin novembre à fin décembre pour les marchés de Noël, les bredele, le vin chaud et la bière de Noël. En septembre et octobre pour les vendanges, la tarte à l’oignon et le vin nouveau. Et toute l’année pour la choucroute et les winstubs.


Cela donne faim tout ça ! 🙂 faut que je prévoie un tour en Alsace ça a l’air vraiment joli en plus.